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DStv mise sur un autre modèle de streaming

Showmax a peut-être disparu en tant que plateforme autonome, mais sa fermeture pourrait en dire davantage sur la prochaine étape de DStv qu’un nouveau lancement dans le streaming.

Brief 54
Brief 54

Fin avril, MultiChoice a mis fin à Showmax sur ses marchés africains, après des années d’investissement dans les créations originales africaines, les programmes internationaux et le sport. CANAL+, qui a acquis MultiChoice, a indiqué que les lourdes pertes annuelles de la plateforme étaient devenues insoutenables. Les créations originales de Showmax ont depuis rejoint DStv Stream.

Cette décision dépasse la fermeture d’une plateforme. MultiChoice réorganise la place du streaming dans son activité de divertissement, en intégrant les contenus de Showmax à un écosystème qui réunit déjà télévision en direct, programmes locaux et sport à travers SuperSport.

Du streaming autonome à l’agrégation

Showmax disposait de nombreux atouts susceptibles de donner un avantage à une plateforme africaine de streaming. Elle investissait massivement dans les productions africaines, bénéficiait de la connaissance des marchés de MultiChoice et construisait de plus en plus son offre autour du divertissement local et du sport.

Le public était au rendez-vous : MultiChoice a annoncé une hausse de 44% du nombre d’abonnés payants de Showmax sur son exercice 2025, hors services abandonnés. Cette croissance n’a toutefois pas suffi à rendre l’activité autonome viable.

Le transfert de certaines créations originales vers DStv Stream permet à MultiChoice d’exploiter ces contenus autrement. Au lieu de maintenir une plateforme supplémentaire nécessitant un abonnement distinct, DStv peut réunir divertissement à la demande, télévision en direct, programmes locaux et sport via SuperSport.

La logique économique est claire. MultiChoice dispose déjà de réseaux de distribution, de contenus et de relations clients établis sur les marchés africains. Rassembler davantage ces offres donne au groupe la possibilité de mieux mobiliser ses atouts existants dans le streaming.

Pourquoi ce choix fait sens

Cette proposition prend un intérêt particulier sur les marchés africains, où le coût reste un frein important à l’adoption du streaming.

PwC, le cabinet international de services professionnels, a souligné l’importance du visionnage sur mobile et le poids que les coûts de connexion et d’abonnement peuvent représenter pour les consommateurs. En Afrique du Sud, par exemple, 75% des utilisateurs consomment des contenus sur smartphone. Pour DStv, cela offre l’occasion de s’appuyer sur une position déjà établie. Plutôt que de rivaliser uniquement sur la taille de son catalogue, la marque peut associer ce que le public lui reconnaît déjà notamment la télévision, le divertissement local et le sport à un accès plus souple aux contenus à la demande.

DStv peut ainsi construire son offre de streaming autour du public, des contenus et du réseau de distribution qu’il possède déjà, plutôt que de reproduire le modèle de Netflix.

CANAL+ donne une autre dimension au pari

L’acquisition par CANAL+ élargit la portée de cette stratégie.

Le groupe combiné réunit DStv, GOtv, SuperSport et les activités de contenus de MultiChoice, ainsi que la forte présence de CANAL+ en Afrique francophone. Le directeur général de CANAL+, Maxime Saada, a également évoqué le déploiement de l’application CANAL+ sur les marchés africains et le développement d’une « super-app » capable d’agréger différents services de divertissement, dont DStv.

L’intégration de Showmax pourrait donc s’inscrire dans un projet plus vaste. L’opportunité ne se limite plus à transférer des contenus d’une plateforme à une autre : elle consiste à trouver de nouvelles façons de relier contenus, sport, streaming et distribution à l’échelle d’un ensemble beaucoup plus large sur le continent.

Reste à savoir si l’agrégation offrira un modèle plus viable. Réunir davantage de services ne crée de valeur que si l’offre reste simple, pertinente et abordable pour le public. Cette évolution soulève néanmoins une question plus large pour le streaming africain. La prochaine phase de concurrence se jouera peut-être moins sur le nombre de nouvelles plateformes que sur la capacité des groupes médias à composer et à distribuer leurs offres autour des publics qu’ils servent déjà.

Pour DStv et CANAL+, fermer Showmax constitue une étape. Construire un modèle de divertissement plus solide à partir de ses composantes représente le véritable pari.

Sources :

Reuters — MultiChoice, filiale de CANAL+, met fin à la plateforme de streaming Showmax en raison de ses pertes, 5 mars 2026.


MultiChoice — Rapport annuel intégré 2025 : croissance des abonnés de Showmax, investissement dans les contenus et performances de l’activité.


DStv — Les créations originales de Showmax trouvent un nouveau foyer sur DStv Stream : intégration d’une sélection de contenus Showmax à DStv Stream.


PwC — Africa Entertainment & Media Outlook 2025–2029 : adoption du streaming en Afrique, consommation sur mobile, accessibilité financière et connectivité.


Reuters — CANAL+ devient la première entreprise française cotée à Johannesburg, 3 juin 2026 : stratégie après l’acquisition de MultiChoice et ambitions élargies dans le streaming.