How Argan Studios Became Part of Morocco’s Global Film Ambition
Bâtisseurs

Argan Studios s’inscrit dans les ambitions cinématographiques mondiales du Maroc

Depuis des décennies, le Maroc accueille l’industrie mondiale du cinéma. Ses paysages incarnent à l’écran des territoires bien au-delà de ses frontières, tandis que les films et les séries internationaux attirent tournages, équipes et investissements dans le pays.

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La productrice Khadija Alami a vécu cette croissance de l’intérieur, en travaillant sur des productions majeures comme Homeland, Prison Break et Captain Phillips. Avec Argan Studios, elle développe désormais des infrastructures destinées à retenir au Maroc une plus grande part de l’activité qui accompagne ces productions.

Construire à partir de l’expérience

L’investissement d’Alami dans les infrastructures cinématographiques commence bien avant Argan. En 2017, elle ouvre Oasis Studios près de Ouarzazate, avec l’ambition de permettre aux productions internationales de travailler avec des équipes marocaines sur davantage d’étapes de fabrication. À l’époque, elle évoque la demande croissante des productions hollywoodiennes et arabes pour expliquer cette décision.

Ses années de production lui donnent également une vision précise des atouts du Maroc et des capacités qu’il reste à développer. Le pays dispose d’équipes expérimentées, de décors variés et d’une industrie établie, mais les grands tournages en intérieur peuvent encore nécessiter de partir ailleurs.

L’expérience de Homeland illustre ce que des espaces adaptés peuvent changer. Alami raconte avoir trouvé de grands hangars à Casablanca qui ont permis de maintenir la production de la huitième saison au Maroc pendant onze mois, alors que les précédents passages de la série avaient été plus courts. Garder davantage d’un projet sur place signifie aussi y conserver le travail qui l’entoure.

Des studios à un écosystème

Argan Studios prolonge cette réflexion à une autre échelle. Envisagé entre Rabat et Casablanca, le projet prévoit de réunir de grands plateaux insonorisés, des installations de postproduction, un campus de formation, des hébergements et des services professionnels. L’objectif est de permettre aux productions de réaliser une plus grande partie de leur travail au Maroc.

La localisation participe à cette stratégie. La proximité de Casablanca et de Rabat facilite l’accès aux aéroports, aux services, aux soins et aux infrastructures nécessaires pour accueillir des équipes pendant plusieurs mois. Elle vient compléter les pôles de tournage établis, notamment Ouarzazate.

Cette ambition concerne toute une chaîne d’activités. Les productions génèrent du travail pour les techniciens et les professionnels de la création, mais aussi pour les transports, l’hôtellerie, la restauration et d’autres entreprises locales. Associer la formation aux studios pourrait renforcer le vivier de talents marocains disponibles pour les futurs projets. L’infrastructure attirerait ainsi des productions qui, à leur tour, contribueraient au développement du secteur.

Renforcer la place du Maroc dans le cinéma mondial

L’intérêt de Netflix, Prime Video et Disney, rapporté par Le Monde, donne une idée du marché auquel Alami souhaite répondre. Le Maroc possède déjà les décors, l’expérience et la réputation internationale. Argan Studios cherche à renforcer les infrastructures capables de transformer ces avantages en une offre de production plus complète.

Pour Alami, les deux dimensions sont liées : attirer davantage de productions internationales crée des opportunités pour les talents marocains, tandis que le renforcement des compétences locales rend le pays plus attractif pour les tournages. Cette ambition reste celle d’un projet en développement, dont les résultats dépendront de sa réalisation.

Argan Studios représente une nouvelle étape dans une carrière construite à cette intersection. De la production de projets internationaux au Maroc à l’investissement dans Oasis Studios, puis au développement d’un ensemble plus vaste, Alami a progressivement investi dans les moyens nécessaires à la croissance du secteur.

Son parcours révèle les bâtisseurs derrière les ambitions cinématographiques du pays. Les récits internationaux peuvent attirer les tournages au Maroc ; des professionnelles comme Khadija Alami développent les infrastructures, les compétences et les capacités susceptibles de les faire rester plus longtemps et de laisser des retombées durables.

Sources :

AramcoWorld, “Morocco’s Cinema City”
Médias24, « Cinéma : Khadija Alami sort du silence et détaille les contours de sa future cité pour attirer Hollywood près de Rabat »
Le Monde, “Morocco unveils plans for giant film city on outskirts of Rabat”